La BCE décidée à rallier la FED?
02 décembre 2010
La BCE apporte une solution à la crise que traverse la zone Euro en achetant des titres de dettes étatiques. Remède forcé à la contagion de la crise irlandaise ! Quid de M3 et des conséquences inflationnistes, décision de création de monnaie ex-nihilo ?
La Banque centrale européenne fera-t-elle à son tour tourner la planche à billets, malgré les fortes critiques apportées au Président de la Fed Ben Bernanke la semaine dernière ? Il semble que les marchés obligataires puissent confirmer ceci, provoquant une nette détente des taux d’intérêt des obligations gouvernementales des pays européens en difficulté budgétaire.
Les investisseurs parient sur l’annonce d’une intensification du programme d’achats obligataires de la Banque centrale européenne (BCE) à l’issue de la réunion de son conseil des gouverneurs ce jeudi 2 décembre à Francfort.
Mercredi, le rendement des titres de dette irlandais à dix ans a diminué de quelques 28 points de base (0,28 %) à 8,65 %, alors qu’il avait connu une ascension quasiment ininterrompue au cours des jours précédents, passant de 8 % à 9,5 % la semaine dernière. Dans la foulée on notait de légères corrections pour les pays suivants : le Portugal (- 28 points de base), l’Espagne (- 17 pb) et l’Italie (- 14 pb) ont également bénéficié de cette forte détente sur le marché obligataire. Selon plusieurs opérateurs de marché ayant préféré l’anonymat, la BCE a acheté des titres irlandais et portugais sur le marché secondaire, a par ailleurs indiqué l’agence "Bloomberg".
Mardi soir, à l’occasion de son audition trimestrielle devant la commission des affaires économiques du Parlement européen, le président de la BCE, Jean-Claude TRICHET, a indiqué que le programme d’achats d’obligations de l’institution monétaire était "en cours". Pour la suite,"nous verrons ce que nous déciderons", a-t-il ajouté. Il semble que Jean-Claude Trichet a réellement refusé d’exclure la possibilité d’étendre les achats d’obligations gouvernementales.Selon les spécialistes obligataires d’Evolution Securities, basés à Londres, le programme d’achat de la BCE devrait atteindre un montant de l’ordre de 1.000 à 2.000 milliards d’Euros pour contrer les difficultés budgétaires de certains pays de la zone euro.
Ensemble, l’Espagne et l’Italie doivent emprunter environ 500 milliards d’euros l’an prochain, sans tenir compte de leurs banques. Avec la hausse des taux qui semble poindre ces derniers jours, si cette situation perdure un certain temps, elles ne seront pas capables d’y arriver. Donc, quelqu’un doit intervenir et venir au secours des pays précités.
Faire tourner la planche à billets, mais dans quelles limites par rapport au mandat de la BCE ?
Mais si elle se lance dans des achats à une plus large échelle, il lui sera impossible de neutraliser ces injections de liquidités dans la foulée. La BCE rejoindra alors la Réserve fédérale des Etats-Unis et la Banque d’Angleterre dans le club des banques centrales qui créent de l’argent.
Cela signifie que la BCE verra la nature même de son mandat modifié ?Cette probabilité est d’autant plus grande que des rumeurs évoquent une position plus conciliante de l’Allemagne à ce sujet, ce qui est paradoxal et va même à l’encontre de la politique menée jusqu’ici par la Bundesbank. En effet, les Allemands se sont toujours opposés ouvertement à des achats d’actifs par la BCE, même compensés par des ventes subséquentes.
Que ce soit au conseil des gouverneurs ou devant la presse, Axel Weber, le patron de la Bundesbank et successeur potentiel de Jean-Claude Trichet, n’a jamais caché son aversion pour mes mesures non conventionnelles.En Allemagne, les dirigeants politiques ont jusqu’à présent toujours partagé cet avis. Mais il semble que les Allemands sont disposés à adoucir leur position face à la crise et ses effets.
Dans les salles de marchés on s’attend à un nouveau report des mesures exceptionnelles de mise à disposition de liquidités en faveur des banques et, bien sûr, à un maintien du taux de refinancement à 1 %. Enfin, la BCE doit aussi livrer ce jeudi ses prévisions économiques pour 2012.

